« La cité de la dignité et de la justice »

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Une « cité de la dignité et de la justice » a été érigée devant le siège du gouvernement moldave où campent des centaines de protestataires. Ceci en vertu de la décision des participants à une ample manifestation de protestation - dénommée par les organisateurs le « Grand Rassemblement National » – qui a réuni le 6 septembre 2015 des dizaines de milliers de Moldaves dans la place centrale de la capitale.

Les protestataires ont décidé de rester en permanence sur cette place jusqu’à ce que les autorités satisfassent leurs revendications. Ils exigent la démission du Président Nicolae Timofti (dont le mandat s’achève en 2016), accusé de servir les intérêts des oligarques et de ne pas lutter efficacement contre la corruption et l’organisation d’un scrutin au suffrage universel pour élire un nouveau chef d’État, actuellement élu par le Parlement, ainsi que la démission du gouvernement formé par la coalition au pouvoir et des élections législatives anticipées, la destitution des dirigeants de la Banque Nationale et du Parquet Général et la récupération du milliard de dollars détournés de trois banques commerciales avec la complicité des autorités.

Les manifestants de Chisinau ont été soutenus par la diaspora moldave de plusieurs capitales du monde qui ont organisé dimanche des manifestations parallèles en Irlande, Grande Bretagne, Espagne, Italie, Etats-Unis, etc.

Rappelons que début avril, la Banque Nationale de Moldavie avait découvert que trois banques, représentant environ un tiers des actifs bancaires du pays, avaient accordé des crédits estimés à un milliard de dollars (890 millions d’euros), soit 15% du Produit intérieur brut (PIB), à des destinataires qui n’ont jamais été identifiés. Cette disparition avait provoqué d’importantes manifestations de protestation à Chisinau à cette époque-là, les participants ayant réclamé la démission du procureur général qui ne s’est pas avéré en mesure d’identifier les responsables pour cet acte.

Ces manifestations sont organisées par la Plate-forme Civique « Dignité et justice », un mouvement d’opposition créé par des journalistes, politologues et militants issus de la société civile qui optent pour l’intégration européenne de la Moldavie.