L’horizon s’éclaire-t-il ?

Gilles Ribardière
Gilles Ribardière

Article par Gilles Ribardière

Ce 30 décembre 2010, la classe politique moldave a enfin rendu une partie de sa copie. Une coalition dite de centre-droit s’engage à gouverner le pays les 4 années à venir.

Depuis un mois, les citoyens étaient en attente de connaître le résultat de négociations entre partis.

Une frange de l’opinion marquait son énervement, notamment sur la question de la non-publicité des discussions, avec la crainte d’une confiscation du sens du vote des citoyens. En effet, on peut estimer qu’une majorité s’était exprimée pour renforcer le poids de l’Alliance pour l’Intégration Européenne. Or, un des membres de cette Alliance – le PDM - semblait aussi tabler sur une majorité à construire avec le PCRM. Mais on ignore la teneur des entretiens qu’il a pu avoir avec le parti de Vladimir Voronin, sachant que l’on avait droit à des communiqués rendant compte de l’imminence d’un accord de gouvernement précis… Etait-ce un jeu de poker menteur, ou bien y avait-il au sein du PDM une réelle hésitation entre s’allier avec la droite ou s’allier avec le PCRM ?

J’avoue que le score sans appel du Conseil National de ce parti (201 voix sur 228) en vue d’approuver une alliance de centre-droit me fait pencher plutôt sur l’hypothèse d’un vaste jeu de poker menteur, l’option centre droit prévalant depuis le début.

Et je ne pense pas que le PCRM fut dupe.

Trois jours avant le scrutin du 28 novembre, j’avais pu échanger avec Gregori Petrenko, député communiste sortant et candidat à la prochaine législature. S’il affirmait que son parti s’engageait pour obtenir la majorité, il ne se faisait guère d’illusion. Sinon, il ne se serait pas étendu sur l’hypothèse de coalitions à négocier à la suite du scrutin afin de former une coalition de centre-gauche, autrement dit avec pour partenaire le PDM de Marian Lupu …Mais il ajoutait : « franchement je pense qu’on ira vers une Alliance pour l’Intégration Européenne 2 », donc sans le PCRM.

Mais il y a un fait : durant ce mois de décembre, le PDM, jouant un rôle charnière, a négocié aussi bien avec les deux partis dits de droite (PDLM et PL) qu’avec le PCRM. Est-ce sur le thème « il y a urgence de trouver un consensus national, sans le dire, en vue de faire face aux défis qui se présentent au pays » ?…Le saura-t-on un jour ? Peut-être que le processus de désignation du Président de la République éclairera cette zone d’ombre !

En attendant, les deux têtes de la liste du PDM occupent la présidence et première vice-présidence du Parlement (respectivement, Marian Lupu et Vlad Plahotniuc). Quant à Dimitriu Diacov, lui-aussi membre du PDM, il a été désigné président du groupe « Alliance pour l’Intégration Européenne ».

La fonction de Premier Ministre revient à Vlad Filat. Continuité donc, avec l’espoir d’un fonctionnement institutionnel régularisé, autrement dit avec sous peu l’élection d’un Président de la République.

En tout cas, le leader du PLDM, qui a été incontestablement le vainqueur des élections de novembre, devrait pouvoir poursuivre son action en agissant sur le long terme.

Certes l’attitude du PCRM, qui pèse, rappelons-le, 39% de l’électorat, sera déterminante.

Il garde sur une partie de la population notamment en dehors de Chisinau, et sur les personnes plutôt âgées une forte influence. Il a des positions sur le plan des relations internationales qui ne sont pas pour déplaire à la Russie. Il faut le reconnaître, ses positions tiennent compte du contexte géopolitique dans lequel se situe la Moldavie. Si j’en crois Grigore Petrenko, un statut de neutralité reconnu internationalement conviendrait parfaitement, avec un désarmement aussi bien en Moldavie qu’en Transnistrie …Question à suivre, donc, qui fut peut-être abordée entre les partisans de Marian Lupu et ceux de Vladimir Voronin ?

Souhaitons en tout cas qu’à la veille de la nouvelle année les politiciens moldaves aient eu le réel souci d’apporter un peu de lumière à leurs concitoyens, en vue de contribuer à construire un meilleur avenir.