L’homme qui a « privatisé » le soleil et le vent

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Le nom de Anton Port, enseignant de physique à l’école du village de Popeasca, district de Ştefan Vodă, est très connu dans les localités du sud de la Moldavie. Doué d’un esprit inventif, il est toujours à la recherche de l’inédit. Dans la cour de sa maison il y a un moulin à vent. Pourquoi ? Parce qu’il a été toujours intéressé par les sources non-traditionnelles d’énergie.

Son installation met en fonction un dispositif à moudre. Voulez-vous des gruaux ? En voilà. Voulez-vous de la farine fine comme la poudre ? En voilà. Voulez-vous scier des planches ou faire couper du bois ? Pas de problèmes. La scie mécanique et celle électrique sont à votre disposition. Le vent met aussi en fonction une pompe qui au bout d’une demi-heure arrose tout le jardin en puisant de l’eau dans le réservoir.

Vous êtes peut-être curieux de savoir à quoi servent les grands miroirs ronds de la cour de monsieur Port ? Eh bien, ils captent les rayons du soleil et les reflètent ensuite vers des chaudières d’eau. En peu de temps, l’eau des chaudières peut ateindre la température d’ébullition. Prends un bain, fais la lessive, utilises-la dans la cuisine. Et voilà !

Le gouvernement connaît ses inventions. Il y a quelques années, il a été visité par le premier ministre qui a beaucoup apprécié ses inventions en précisant que les sources d’énergie renouvelable représentent l’avenir.

C’est sur la base des expériences de Anton Port qu’a été créé un Centre pour la valorification de l’energie non-traditionnelle qui existe depuis 9 ans. Le centre a été visité par des savants connus comme V. Dulghieru, I. Sobor, T. Ambros de l’Université Technique de Moldavie, ainsi que par A. Bîrlădeanu de l’Académie des Sciences de Moldavie. Les 3-4 derniers ans, Anton Port a reçu des touristes du Chipre, des Etats-Unis, d’Allemagne, de Hollande, de France, d’Ukraine aussi que de Roumanie, fait qui dénote l’importance de ses inventions.

Il y a quelques jours, je l’ai vu travailler sur un nouveau projet. « Nous sommes à un carrefour – m’a-t-il dit - caractérisé par l’augmentation de la demande globale de ressources énergétiques versus la hausse des prix à ces ressources. C’est déjà le temps de réaliser que l’ère du charbon, du gaz, du pétrole s’achève. Les ressources énergétiques souterraines deviennent le plus en plus chères. C’est pour ça qu’on doit penser à la production de nouveaux types d’énergie et de technologies.

On sait d’ailleurs que la Moldavie, dans le cadre du Protocole de Kyoto, s’est associée à l’effort international de combat contre les changements climatiques et fait de son mieux afin de promouvoir les sources renouvelables d’énérgie. C’est dans ce contexte que j’ai créé le Centre de valorisation de l’énergie qui a un but informatif-éducatif et qui est axé sur la conversion de l’énergie solaire et de l’énergie du vent. J’ai esquissé et j’ai construit plusieurs éoliennes qui produisent de l’énergie électrique et mécanique. J’ai construit aussi quelques dispositifs qui captent des rayons solaires : des miroirs paraboliques, des calorifères solaires pour chauffer de l’eau, des séchoirs de fruits.

J’ai construit quelques moulins à roue horizontale et verticale pour les besoins courants qui se mettent en fonctionnement à la moindre brise. Actuellement, je suis sur le point de finir la construction d’un moulin similaire à ceux d’Hollande et des Etats-Unis, en utilisant des pièces de différentes machines et appareils usés : des crampons, des axes, des roulements, des transmissions, des canons, etc.

Nous ne nous rendons pas compte de la richesse qui nous entoure ! Beaucoup de stations techniques conservent de la technique usée qui pourrait être utilisée dans d’autres buts afin de faciliter et améliorer notre vie. C’est comme ça que j’ai construit un pressoir à huile, un moulin, un générateur qui a la capacité de 5 kw, un tour à traiter le bois. A l’aide du miroir parabolique, j’obtiens une température de 1500 degrés qui me sert à sécher des fruits, à préparer le déjeuner aussi qu’à faire bouillir de l’eau. »

Ce qu’on voit à Popeasca dans la cour d’un professeur impressionne. C’est un exemple à suivre. La catastrophe énergétique qui nous menace de plus en plus produira un grand déficit d’énergie. C’est pour ça qu’il est nécessaire de penser à l’utilisation de l’énergie non-traditionnelle, comme le fait déjà Anton Port, enseignant de physique du village de Popeasca.

Article par Grigore TESLARU, publié sur http://natura.md. Traduction – Rodica Istrati.