L’arithmétique européenne de la Moldavie : parapher ≠ signer

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Liudmila Corlateanu
Liudmila Corlateanu

Article de Liudmila Corlateanu

L’intervalle entre le début des négociations de l’Accord d’Association UE-Moldavie et la signature elle-même pourrait être d’un an. Donc, qu’est ce qui doit se passer en Moldavie dans cet espace de temps pour que l’Accord soit enfin signé ?

Tout d’abord, la Moldavie doit poursuivre ses réformes en matière de justice, aide sociale, éducation, santé et énergie. Il est évident que les effets de ces actions ne se feront pas sentir immédiatement. Pourtant, il y a des changements qui ont un effet rapide, par exemple la mise en place de services publics numériques (documents du registre local, signatures électroniques, etc.) qui a déjà augmenté et facilité l’accès des citoyens à l’information.
En outre, il est nécessaire de comprendre que l’aide financière offerte par l’Union Européenne pour la réparation des routes, pour l’amélioration du climat des affaires ou pour le développement des infrastructures n’a aucun rapport avec la résolution des problèmes internes. Le règlement pacifique du conflit en Transnistrie est dans une large mesure tributaire de Chisinau et Tiraspol plus que des politiques de rétablissement de la paix offertes par l’Europe ou la Russie. L’engagement social et la coopération régionale sont les facteurs clés pour réduire la tension entre les deux parties.

L’année 2014 sera une année importante, pas seulement pour le Parlement européen, mais aussi pour le nouveau Parlement moldave, qui sera élu fin novembre. Tout au long de l’année, les autorités du pays devront faire preuve de volonté politique pour éviter les conflits au sein de la coalition au pouvoir. Les résultats obtenus déjà dans le dialogue UE-Moldavie ne doivent pas être considérés comme un triomphe qui peut être utilisé pour des spéculations au cours des campagnes électorales, mais comme une nouvelle étape dans la modernisation de la société, à condition qu’il existe un espace important pour l’amélioration liée à la lutte contre la corruption, la protection des droits de l’homme, la réduction du chômage, etc.

En conséquence, le pays a reçu une diversité de défis qui nécessitent un traitement spécial et des progrès constants. La Moldavie commence la nouvelle année en anticipant la libéralisation des visas et l’accord de libre-échange.

Néanmoins, il ne faut pas oublier que pour la Moldavie les relations avec l’Union Européenne ne sont pas une fin en soi. C’est la conformité à certains standards, surtout le niveau de vie, qui doivent compter le plus.