L’année européenne de la Moldavie : le bilan de 2005

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L’année 2005 marque un certain développement des relations entre l’UE et la Moldavie. Toutefois, d’après Oleg Serebrian (dans le journal Timpul), on peut attribuer les progrès plus au contexte international qu’à la politique nationale.


La « révolution orange » et ses effets

L’année 2004 s’était en effet achevée sur la « révolution orange » ukrainienne, qui a vu la victoire des réformateurs menés par Viktor Iouchtchenko et Ioulia Timochenko. Leur arrivée au pouvoir devait donner une nouvelle impulsion à la politique de voisinage de l’Union Européenne, qui remonte à 2003.

Au-delà de l’attention portée à la périphérie orientale de l’UE, les nouveaux dirigeants ukrainiens avaient une attitude plus constructive sur la question de la Transnistrie, envisagé sous l’angle de la coopération euro-ukrainienne.

La thématique européenne dans la campagne de mars 2005

Les élections de mars 2005 ont été au centre de la vie politique moldave. La majorité communiste, qui avait fait campagne quatre ans auparavant sur le thème du rapprochement moldo-russe, est en concurrence avec le BMD (Bloc Moldavie Démocrate) et le PPCD (Parti Populaire Chrétien-Démocrate). Les deux derniers groupes politiques, dirigés par Serafim Urecheanu et Iurie Rosca, font du thème européen leur principal argument.

Ils sont concurrencés sur ce terrain, de manière surprenante, par le Parti des Communistes Moldaves. Ceux-ci arrivent en tête du scrutin, mais ils doivent recourir à une alliance avec le PPCD pour l’élection de Voronine à la tête de l’Etat, ainsi qu’une partie du BMD. La Moldavie connaît alors une « évolution révolutionnaire », pour reprendre l’expression de Nicu Popescu.

Une présence européenne plus active en 2005

Cette présence répond essentiellement à deux questions : celle de l’intégration de la Moldavie dans les structures européennes, et celle liée à la résolution du conflit transnistrien et aux questions de sécurité.

La Moldavie a connu des avancées dans le processus d’application du Plan d’Action avec l’UE ainsi que de nouvelles facilités commerciales, tandis que l’ouverture très attendue d’une délégation permanente de la Commission Européenne à Chisinau a enfin eu lieu.

L’autre versant sur lequel l’UE a accentué sa présence concerne le conflit transnistrien : surveillance de la frontière moldo-ukrainienne le long de l’entité séparatiste, et présence de l’UE en qualité d’observateur dans les négociations entre Tiraspol et Chisinau.

Conclusion : 2005 année utile, et après ?

Résumée en quelques points, l’année 2005 fait apparaître un certain nombre d’avancées dans les relations euro-moldaves. Elles sont toutefois fragiles, et surtout se font avec retard, si l’on songe à l’ouverture de la délégation permanente de la Commission. L’entrée de la Roumanie au sein de l’UE pourrait également jouer un rôle très positif dès l’année prochaine, puisque la Moldavie y disposerait d’un relai.

Toutefois, celles-ci ne pourront réellement s’approfondir que par une politique active de réformes internes. C’est aussi le meilleur moyen de changer le statu quo dans les relations avec Tiraspol.

Florent Parmentier, analyste-politique pour Moldavie.fr