Introuvable président

Par Mehdi Chebana

Prospérité, renouveau, espoir … L’arrivée du printemps est un moment riche en symboles pour les Moldaves. À Chisinau, la capitale, on se précipite déjà auprès des marchands ambulants pour acheter de petits porte-bonheur accrochés à des fils blanc et rouge. Seulement, les hivers passent, mais la Moldavie, pays le plus pauvre d’Europe, n’a toujours pas de président …

« C’est désespérant, lance une retraitée sur un marché bondé, nos politiciens passent leur temps à se faire la guerre. » Depuis le printemps 2009, l’ancienne république soviétique, coincée entre la Roumanie et l’Ukraine, tourne au ralenti, au rythme des échecs répétés de ses députés à élire un chef de l’État.

Vendredi 16 mars, le Parlement fera de nouveau une tentative, la septième en trois ans. Proposé par l’Alliance pour l’Intégration Européenne (AIE) actuellement au pouvoir, Nicolae Timofti, le Président du Conseil supérieur de la magistrature, sera seul en lice pour la fonction suprême. Mais ses chances sont minces.

Car aucune force politique n’a la majorité requise de 61 voix sur 101 pour élire un président. L’AIE, qui réunit quatre partis allant du centre gauche à la droite libérale, ne dispose que de 58 sièges contre 39 à l’opposition communiste qui boycottera le scrutin pour protester contre les modifications de la loi électorale introduites par ses adversaires. Dans ce contexte, les voix du député indépendant Mihai Godea et des trois transfuges du PCRM réunis dans le groupe socialiste devraient peser dans la balance.

« Mais rien n’est fait  ! tempère le politologue Igor Botan, car les députés de l’AIE sont divisés. Ils s’accusent mutuellement de corruption, contestent la candidature de Timofti. On se dirige vers un nouvel échec. » Un échec qui pourrait déboucher, à terme, sur des législatives anticipées.

Source : http://www.humanite.fr/monde/introuvable-president-492177