Francfort, un exemple à suivre

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Article de Ludmila Corlăteanu,
Section moldave de l’Union de la Presse Francophone

“… tout est pour le mieux dans la meilleure des villes possibles !”, écrivait Jules Vernes dans son article semi-utopique « Une Ville Idéale » (1875) dédié à sa ville natale, Amiens. Aujourd’hui, on peut dire que la moitié des prédictions de l’amateur renommé des inventions techniques est accomplie dans la majorité des grandes villes européennes, comme Francfort-sur-le-Main. Cette ville d’affaires a de quoi être fière, c’est pourquoi elle pourrait servir de bel exemple pour Chisinau, qui fête bientôt son 576-ième anniversaire.

Unis par leurs différences

Avec ses 700 000 habitants, Francfort se réjouit de sa population multiculturelle. La diversité culturelle locale n’est pas un défaut, par contre c’est un avantage énorme. Dans cette ville, les événements interculturels et l’échange d’expériences sont toujours bienvenues. La règle est simple - offrir des opportunités égales à toutes les couches de la société. La ville la plus internationale d’Allemagne n’est un pas exemple à servir seulement pour Chisinau, mais en général pour toutes les villes où la discrimination, la haine religieuse et l’hostilité entre plusieurs groupes ethniques est encore présente. Ici, le concept de tolérance n’existe pas juste en théorie, il est vraiment appliqué. La preuve de cette coexistence constructive est l’Office des Affaires Multiculturelles (Amt für multikulturelle Angelegenheiten) qui essaie de contrôler, enregistrer et négocier en cas de conflit avec les voisins, la police et les autorités publiques.

Chisinau n’est pas une ville populaire où les étrangers voudraient s’installer pour toujours, toutefois il faut tendre à sauvegarder le respect entre les nations qui vivent ici depuis plusieurs siècles.

Le vert – une orientation constante

Peu importe que vous soyez dans le cœur de Francfort et de sa place financière ou loin d’elle – vous voyez des arbres partout ! J’aimerais vraiment que Chisinau apprenne de cette ville une simple vérité – les ministères, les banques et les grands magasins peuvent cohabiter très amicalement avec les plantations vertes. Les branches vertes ne couvrent pas les noms des firmes, ils représentent plutôt des éléments constitutifs de design. On dit que Francfort porte une ceinture verte et c’est vraiment très à la mode aujourd’hui – dans plusieurs parcs, la population se réjouit des promenades à pied et à vélo, des enfants font des excursions et apprennent que la nature a aussi besoin de soin.

Les voitures écologiques sont aussi propres à cette ville, elle peut partiellement se permettre d’avoir ce « luxe ». Pour Chisinau la présence des écomobiles est seulement un projet à long terme, cependant le but actuel serait la création des pistes pour les cyclistes et l’observation de la circulation sur ces pistes.

La culture de la conduite, qu’est-ce que c’est ?

Si on a commencé de parler transport, il faut mentionner que sur les autoroutes de Francfort on peut parfois entendre le mot « embouteillage ». Mais les embouteillages se dissipent aussi vite qu’ils se forment. Comment c’est possible, dirait un citoyen de Chisinau, qui est forcé d’être assis ou se tenir debout une bonne demi-heure dans un bus à itinéraire fixe (dans les milieux populaires - maxi-taxi) pour faire seulement 10 ou 15 kilomètres ? La réponse est simple – environ 150 caméras surveillent 6 000 voitures par heure, les boucles inductives détectent la vitesse et la distance entre les moyens de transport.

Ainsi se forme la culture de la conduite : souvent elle signifie beaucoup plus que les chaussées asphaltées ou les patrouilles de police de la route cachées dans les buissons …

Le mélange de la fierté avec le sens des responsabilités

Enfin, je ne peux pas oublier un des thèmes les plus douloureux pour Chisinau, la conservation des monuments historiques. Même si Francfort a été considérablement détruite pendant la deuxième guerre mondiale, elle a restauré la majorité des édifices et en même temps a rétabli dans la conscience de la population l’importance de ces monuments. Dans cette ville, on peut parler de la combinaison réussie des façades – l’une antique et l’autre moderne. Là-bas personne ne pratique la démolition des vieux bâtiments pour élever un centre commercial sur ce lieu ; par contre ils vivent côte à côte.

Les monuments de Francfort sont divisés dans quelques catégories : quelques-uns font partie du patrimoine mondial de l’UNESCO, d’aucuns sont protégés par le gouvernement local, pour le reste sont responsables les habitants eux-mêmes. Le fait le plus important est que personne ne s’en fiche. Cette attitude nous manque actuellement, je trouve.

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Je n’ai pas tracé ce parallèle virtuel entre deux villes pour critiquer la mienne et faire l’éloge de celle étrangère. J’ai visé juste à persuader les gens qu’il n’y a pas de villes idéales. Mais il existe un bon angle de prise de conscience, et on ne va pas se tromper si on décide de le suivre.

Le 12 octobre 2012