Faciliter l’accès des Moldaves dans l’Union Européenne pour de courts séjours : un acte symbolique, un signe…

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Article par Gilles Ribardière

Dans l’édition du « Monde » datée du 14 avril, les ministres des affaires étrangères français et italiens ont signé une tribune se voulant un vigoureux plaidoyer en faveur d’une « action volontaire en matière de visas » au profit notamment de l’Albanie et de la Bosnie-Herzégovine. Ils rappellent que les citoyens de Serbie et du Monténégro ont un accès facilité dans l’espace Schengen pour de courts séjours depuis la fin 2009.

Les ministres fondent leur souhait sur l’affirmation que « Chaque état des Balkans occidentaux a vocation à entrer dans l’Europe ». Or, cette affirmation d’une vocation à entrer dans l’Europe vaut aussi pour la Moldavie. Mais cette République a le tort d’être située à la marge de l’Union et non pas d’y être enclavée. Ainsi, poser la question d’une intégration éventuelle de la Moldavie dans l’espace européen réactive la question de jusqu’où porter les limites de l’Union Européenne.

La classe politique moldave ne se pose pas la question : elle affirme sa volonté d’accrocher le pays au train européen, faisant valoir par ailleurs sa position d’interface avec le monde slave. L’attitude de Bruxelles se montre par ailleurs très ouverte dans les discussions engagées depuis plusieurs mois avec le gouvernement moldave.

Ainsi on peut souhaiter que nos ministres français et italiens qui ont envoyé - à juste titre- un signe fort auprès de l’opinion albanaise et bosniaque, agissent de même vers l’opinion publique moldave.

Beaucoup de Moldaves aspirent à pouvoir circuler librement dans les pays de l’Union Européenne. Donner une réponse positive à cette aspiration aiderait à n’en pas douter le pays à poursuivre sa route en vue de réformes structurelles nécessaires pour se rapprocher des normes européennes en bénéficiant d’un fort soutien populaire. De plus, aujourd’hui on peut observer que la République de Moldavie, sur la question des réformes, n’a pas à rougir d’une comparaison avec les pays des Balkans.

On doit ajouter que l’histoire et la culture de ce que l’on désignait autrefois la Bessarabie sont bien liées à celles de l’Europe.