Enquête : la Moldavie serait le pays le plus pro-européen à l’est

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Les citoyens de Biélorussie ne s’intéressent en général pas à l’UE, alors que les sentiments en Ukraine sont partagés entre Bruxelles et Moscou. Au contraire, une large majorité en Moldavie aimerait voir un renforcement des relations du pays avec l’Union, révèle une enquête de l’université d’Aberystwyth consultée exclusivement par EurActiv.

Background

La politique européenne de voisinage a récemment été renommée « Initiative pour un partenariat oriental » (PO) dans la région qui couvre l’Arménie, l’Azerbaïdjan, la Biélorussie, la Géorgie, la Moldavie et l’Ukraine (EurActiv 08/05/10).

Le PO est destiné à renforcer les liens économiques et politiques avec ces six anciennes républiques soviétiques, tout en persuadant la Russie qu’il ne s’agit pas d’une tentative de s’immiscer dans sa sphère d’influence.
Cette initiative a été nommée Partenariat oriental au lieu de Partenariat de l’Europe de l’est, comme l’auraient souhaité les pays de la région, car la Commission européenne a essayé de prendre ses distances par rapport à l’Accord d’association européen (AAE) avec les pays d’Europe centrale et de l’est, qui contient la perspective d’une adhésion.

De nettes différences de perception de l’UE ont émergé suite aux enquêtes nationales menées en Russie, Biélorussie, Ukraine et Moldavie. Elles ont été conduites sous le leadership du Docteur Elena Korosteleva du département de politiques internationales de l’Université d’Aberystwyth.
En Biélorussie, l’opinion est en majorité peu intéressée par l’UE, selon l’enquête. Un sondé sur cinq avait du mal à nommer les Etats membres de l’UE, et un sur deux était incapable de dire où étaient situés les quartiers européens.

Alors que les Biélorusses associent l’UE à des valeurs libérales et démocratiques (par exemple l’économie de marché, les droits de l’homme, la démocratie et l’autorité de la loi), ils décrivent leur propre pays avec des valeurs socioculturelles opposées, soulignant leur respect pour l’héritage culturel, la tolérance et la religion, selon l’enquête.

En Ukraine, la majorité des sondés désapprouve l’orientation vers l’ouest de la politique extérieure de l’Ukraine. Ils sont plutôt en faveur de relations équilibrées avec la Russie et l’UE. Concernant l’unification avec la Russie, l’opinion est divisée en fonction des différences régionales : l’Ukraine occidentale soutient l’intégration européenne à l’unanimité, alors que le sud et l’est du pays est plus orienté prorusse.

Des sentiments positifs à l’égard de l’UE ont été évoqués par moins de la moitié des Ukrainiens interrogés, un tiers faisant part de sentiments négatifs. En général, les relations de l’UE avec l’Ukraine sont considérées comme plutôt négatives. L’Ukraine pense que l’UE la perçoit comme un pays arriéré, faible et de second ordre, révèle l’étude.

A l’inverse, en Moldavie, plus du double des sondés voudraient renforcer les relations avec l’UE plutôt qu’avec la Russie.

En Moldavie, un pays coincé entre la Roumanie et l’Ukraine, l’UE a été évaluée positivement, et a été associée à la prospérité économique et la démocratie.
Les Moldaves pensent qu’ils peuvent apprendre des réussites de l’UE sur l’économie de marché, la démocratie, la protection sociale et la sécurité nationale. Les sondés croient que la Moldavie est perçue dans l’UE comme un pays amical et pacifique bien qu’étant un peu arriéré et faible.

Les interrogés ont soutenu que la Moldavie pourrait finir par rejoindre l’UE. Ils pensent que l’adhésion accélèrerait son développement économique, augmenterait la richesse, améliorerait la situation politique et réduirait le chômage. La seule conséquence négative de l’éventuelle adhésion serait une augmentation des prix de la consommation.

L’étude, qui concerne également la Russie, a révélé que les citoyens russes étaient plutôt bien informés sur l’UE et percevaient cette dernière comme un espace de stabilité et de prospérité économique. L’Allemagne est en particulier considérée comme la « carte de visite » de l’UE, qui symbolise ces réussites.

Les relations entre la Russie et l’UE sont qualifiées de « plutôt bonnes » par la plupart des commentateurs russes, bien qu’ils ne soient pas toujours perçus comme des bénéficiaires égaux ou mutuels.

Les instruments politiques de l’UE vis-à-vis de ses voisins sont peu connus, révèle l’étude. En Biélorussie, 83 % des sondés n’avaient jamais entendu parler de la politique de voisinage ou de la récente initiative de partenariat oriental. En Ukraine, 80 % n’en avaient jamais entendu parler. En Russie, 10 % des sondés seulement en avaient déjà entendu parler.

Positions

L’enquête de l’Université d’Aberystwyth comprend aussi des entretiens avec des experts des pays dans lesquels les sondages ont été effectués.
Les experts biélorusses ont à l’unanimité indiqué que la Politique de voisinage de l’UE (PV) et le Partenariat oriental (PO) ne faisaient pas de propositions mais imposaient des exigences, qui sont perçues négativement car elles ne représenteraient que les intérêts de l’UE.

En Ukraine, les experts ont évalué négativement le caractère déclaratif et vague de la PV et du PO, considéré comme étant insatisfaisant du point de vue conceptuel puisqu’il ne reflète pas l’objectif stratégique ukrainien tourné vers l’intégration européenne.

En Moldavie, les experts se sont plaints du fait que ce qui est proposé à la Moldavie dans le cadre de la PV et du PO est insuffisant. Ils estiment que ces politiques manquent d’instruments spécifiques et de ressources adéquates pour leur mise en œuvre.

Source :http://www.euractiv.com/fr/est-mediterranee/enquete-la-moldavie-serait-le-pays-le-plus-pro-europeen-lest-news-495202

Le 15 juin 2010