Débat sur la crise politique en Moldavie

La crise politique en Moldavie et ses enjeux européens ont fait le sujet des débats tenus le 26 mai dernier au Centre d’études et de recherches internationales de Paris.

Oleg Serebrian, politologue, ancien député au parlement moldave, directeur de l’Institut d’études européennes à Chisinau, était présent à ce séminaire de recherche ouvert au public.

La séance a été présidée par Jacques Rupnik. Les thèmes d’intervention étaient les suivants :

La crise politique post-électorale et la perspective européenne vues de Moldavie

(Oleg Serebrian, politologue, ancien député au parlement moldave, directeur de l’Institut d’études européennes à Chisinau)

L’Union européenne et la question de l’Etat en Moldavie

(Florent Parmentier, Centre d’études européennes, Sciences Po)

La Moldavie entre la politique de voisinage et le « partenariat oriental » de l’UE

(Jacques Rupnik, CERI-Sciences Po)

Ces présentations ont été suivies par un public attentif, suite aux manifestations et aux événements d’avril qui ont amené de plus en plus de curiosité pour la Moldavie.

Jacques Rupnik a ouvert la séance en rappelant dans quel cadre européen se trouve la Moldavie aujourd’hui : le partenariat oriental. Cette initiative récente (mai 2009), lancée à Prague, s’adresse à six pays : la Biélorussie, l’Ukraine, la Moldavie, la Géorgie, l’Azerbaïdjan et l’Arménie. Il reste à voir si cette politique répond aux objectifs de l’UE et aux attentes des pays mentionnés.

Oleg Serebrian a dressé un portrait historique de la Moldavie très nuancé, sans concession, explorant les nombreux problèmes du pays, de la Transnistrie aux trafics. Son intervention met en perspective les problèmes contemporains en insistant sur la « faillite psychologique » de l’Etat moldave – où la population ne croit pas, majoritairement, à l’avenir de son Etat. Il a décrit les conditions qui, selon lui, ont mené la Moldavie dans son état actuel.

Florent Parmentier, pour sa part, a proposé d’analyser la crise actuelle sous le prisme de la question étatique : la majorité électorale prétend défendre « l’intégrité de l’Etat », tandis que les discours de l’opposition insistaient sur la nécessité de l’Etat de droit. Au fond, c’est bien la transformation de cet Etat qui est l’enjeu actuel central.

La présence d’un auditoire de qualité a permis de préciser toutes ces questions et a ouvert une discussion fructueuse. Si l’association « Paris-Moldavie » avait organisé une conférence qui a fait date en 2003 (« La Moldavie, l’oubliée de l’Europe »), il semble que l’intérêt pour ce pays va croissant, ce dont les « Moldaviens » ne peuvent que se réjouir.