Crispations entre la Moldavie et la Russie

« C’est une campagne politique soigneusement orchestrée et une attaque qui vise directement le partenariat russo-moldave ». Le ministre russe des Affaires Etrangères, Sergueï Lavrov, n’a pas eu de mots assez forts pour dénoncer la décision prise par le président moldave par intérim, Mihai Ghimpu, de signer un décret instituant une journée de l’occupation soviétique le 28 juin. La Russie considère cet acte comme un affront fait à son pays, voire même une insulte.

Mihai Ghimpu
Mihai Ghimpu

Le décret a pourtant été publié dans la foulée, jeudi 24 juin, tandis que le président moldave a demandé d’organiser des manifestations commémoratives ce jour-là et de « lancer la procédure d’érection d’un monument aux victimes de l’occupation soviétique et du régime communiste totalitaire sur la place de la Grande Assemblée nationale » en plein centre de la capitale, Chisinau, devant le palais du gouvernement.

Cette démarche des autorités moldaves vise à « attiser les émotions, à détourner l’attention de la société des problèmes réels du pays et à torpiller les mécanismes actuels servant à stabiliser la situation dans la région du Dniestr. Le décret peut constituer le prologue d’une nouvelle confrontation dans la société multiethnique moldave », a indiqué un communiqué de la diplomatie russe rendu public vendredi 25 juin.

Loin de faire l’unanimité en Moldavie, le décret de Mihai Ghimpu a été critiqué au sein même de sa majorité politique. L’Alliance, qui tient le pouvoir dans le pays, a d’ailleurs l’intention d’exiger l’annulation du décret annonçant. « En signant ce décret, le président par intérim n’avait pas demandé l’avis des autres partenaires », a ainsi déclaré un membre de l’Alliance pour l’intégration européenne, à savoir le leader du parti démocratique, Marian Lupu. Selon lui, il s’agissait là d’une « démarche importune, irréfléchie qui amènerait à la scission dans la classe politique et la société. »

En Moldavie, Mihai Ghimpu est connu pour ses opinions pro-roumaines. Selon les derniers sondages, sa popularité ne dépasse pas 2%, ce qui compromet sa chance d’accéder à la magistrature suprême par la voie d’une élection au scrutin public.

Pour mémoire, au mois de juin 1940, cédant à l’injonction de l’Union soviétique, le Royaume de Roumanie avait retiré ses troupes et son administration de la Bessarabie et de la Bucovine nord qu’il occupait depuis 1918. Ces territoires avaient ensuite été rattachés à l’URSS. Le 2 août 1940, la République socialiste soviétique de Moldavie y avait été instituée.

Source : http://oeil-et-notes.blogspot.com/2010/06/crispations-entre-la-moldavie-et-la.html

Le 29 juin 2010