Crimée-Transnistrie-Gagaouzie

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Article de Gilles Ribardière

Gilles Ribardière
Gilles Ribardière

Ce qui se passe à l’heure actuelle en Ukraine ne peut que nous interpeller. La Moldavie est en effet voisine et son territoire est lui-aussi menacé, depuis des années, d’être amputé.

Récemment, comme par hasard (sic), les Gagaouzes, russophones, ont manifesté par « référendum » leur attirance vers le « grand frère » russe. Quant à la Transnistrie, elle s’est de fait détachée depuis les années 90 des autorités de Chisinau mais sans que ce soit encore irréversible : le séparatisme transnistrien restait, il y a encore peu, un dossier de négociations auquel était partie prenante la Russie. Or les « autorités » de Transnistrie viennent de faire savoir, selon une information de la correspondante du Monde, Marie Jego, « que le rattachement à la Fédération de Russie les intéressait ». Les Russes ont embrayé par la voix du vice-premier ministre Dmitri Rogozine (dont les avoirs viennent d’être gelés par les USA), en affirmant que « les actions de Chisinau (rapprochement avec l’UE !) montrent que la Transnistrie n’est plus le territoire de la République de Moldavie. Nous en tirerons les conséquences ».

Il ne faut pas s’étonner d’un tel discours. Les occidentaux font preuve d’une telle pusillanimité face à Poutine que celui-ci peut tranquillement accueillir favorablement des demandes de russophones d’annexer des territoires où ils se trouvent. Ainsi l’équilibre de notre continent se trouve fragilisé.

D’autres territoires de l’Europe connaissent des diversités de population. Il ne faudrait pas que ce soit un facteur de désordre potentiel, comme on le voit en ce moment. Chacun, quelle que soit son origine, sa langue, doit trouver sa place là où il est, sans perdre son identité, sans être considéré comme un citoyen de seconde zone. C’est peut-être ce qui n’a pas été toujours assez respecté, avec pour conséquence les dérives actuelles dont profite le maître du Kremlin.

Certes, l’histoire ne bégaye pas, dit-on… Mais il est difficile de ne pas se souvenir de l’affaire des Sudètes dont un certain Hitler sut profiter, face à la timidité coupable du camp démocratique…

En bref, l’intégrité territoriale de la Moldavie est un enjeu pour l’équilibre de l’Europe.