Carnet de voyage en Moldavie

Promoteur de l’Etat de Droit il y a quelques années pour le Conseil de l’Europe, j’avais eu l’occasion, dans le cadre de mes missions, de sillonner la Moldavie du nord au sud. Je me souviens ainsi de mon premier accueil « traditionnel » - avec pain, sel et vin - par un maire dans un village proche d’Edinet, dans le nord du pays. Comme il me reste à l’esprit la riche rencontre avec les élus de l’enclave turque de la région autonome de Gagaouzie, au sud du pays. J’avais d’ailleurs longtemps conservé dans mon bureau le drapeau gagaouze qui m’avait été offert à cette occasion. En raison peut-être de ma sensibilité aux questions de libre administration des régions et des peuples (et au parallèle pouvant être fait avec la région historique d’Alsace ?)

Cette ambiance toute particulière que j’avais découverte et appréciée le long du Dniestr avait-elle changé depuis ma dernière venue en 2008 ? Certes, la capitale Chisinau s’est « parée » des attraits de la modernité : des panneaux publicitaires jalonnent la route depuis un aéroport entièrement rénové – et moderne disons-le ; des immeubles à l’architecture contemporaine surgissent de ci, de là entre des bâtiments datant de l’ère soviétique ; des centres commerciaux semblent enserrer les petits commerces traditionnels … En somme, rien de bien différent en terme de mutation urbaine, de ce qu’on observe dans les autres cités de l’ancien bloc de l’est.

Et derrière ces façades, ai-je retrouvé la même chaleur, la même hospitalité qui m’avaient séduit il y a un peu moins de dix ans déjà ? Une seule échappée dans les rues aux maisons basses - en m’éloignant de l’artère centrale Stefan cel Mare – me rassure ! Des gens souriants tentent de répondre à mes questions. Certains même me proposent – sans arrière-pensée – de me guider quelques minutes. L’occasion de me faire conduire aux portes du musée ethnographique qui mérite une visite. Musée « resté dans son jus » qui présente des collections retraçant l’histoire, la préhistoire (pour preuve - un énorme squelette de dinosaure exposé et parfaitement conservé), les traditions… le tout dans une muséographie quelque peu surannée.

De même, le petit musée Pouchkine lové en bas de la ville - en fait la maison de marchand dans laquelle le poète, dramaturge et romancier russe a séjourné durant les quelques mois passé à Chisinau mérite un détour pour les amateurs de littérature russe.

Nous étions venus en Moldova – on hésite entre Moldavie ou Moldova - à l’invitation de l’ambassadeur de France pour y présenter la région d’Alsace à l’occasion des festivités du 14 juillet (fête nationale française). Autant d’occasions aussi de rencontrer les « acteurs » du développement économique et touristique du pays et de tisser des relations porteuses d’avenir …

L’Union Internationale des Alsaciens, organisation non gouvernementale, fédérant la diaspora alsacienne dans le monde, fut à l’origine de ce merveilleux voyage documenté pour d’autres aspects par les amis de la délégation, se trouve reconnaissante du formidable accueil qu’on lui a réservé. Que l’amitié alsaco-moldave puisse continuer à fructifier !

Jacques Schleef,

Union Internationale des Alsaciens

http://www.alsacemonde.org/

Le 5 août 2017