Après la visite de Monsieur Vladimir Filat à Paris

0 vote

Article par Gilles Ribardière

Le moins qu’on puisse dire c’est que la visite de la délégation moldave la semaine passée, conduite par le premier ministre Vladimir Filat, n’a pas passionné la presse française. A titre d’exemple, pas une ligne, à ma connaissance, dans le Monde.

On doit le regretter, car ce pays, malgré sa taille modeste, constitue un enjeu géopolitique intéressant. Ce qui va se passer dans les mois et années à venir va constituer un « marqueur » de l’évolution de l’Europe.

Enumérons : Comment va se résoudre un des derniers conflits territoriaux sur notre continent (la Transnistrie) ?

Comment sera résolue l’équation posée dans la Moldavie : un Etat que la Russie veut considérer comme lié à sa sphère d’influence, en tant qu’« étranger proche », que la Roumanie considère comme au moins partie de la même culture, et qui courtise l’Union Européenne ?

Comment, sans réels heurts, hormis les événements des 7 et 8 avril 2009, le pays va atteindre les standards européens en matière de fonctionnement démocratique, constituant un modèle dont les pays de l’ancienne Yougoslavie pourraient souvent heureusement s’inspirer, alors qu’ils bénéficient d’un bien meilleur traitement de la part de l’Union Européenne ?…

Or, si on en croit les divers comptes rendus des rencontres à Paris, les propos des représentants du gouvernement français semblent assez convenus ; on peut citer ceux de Monsieur Fillon : le rapprochement avec l’Union Européenne doit se faire « de manière naturelle, sans tergiverser, ni accélérer le processus »…Mais sait-il qu’une bonne part de la population accélère dans de mauvaises conditions le processus, en venant travailler souvent illégalement dans les pays de l’Union (plus de 300.000 en Italie), en déposant une demande de passeport roumain (800 000 demandes !)…

Alors, déclarer le souhait d’une « élimination des obstacles au mouvement des Moldaves dans l’espace Européen » apparaît sans doute en deçà des attentes, alors que nombreux sont les Moldaves qui attendent une réponse précise quant au calendrier leur permettant de circuler librement dans l’espace européen.

Mais pour comprendre l’attitude qui semble assez peu engageante du gouvernement français à l’égard de la Moldavie, on peut se référer à l’article très éclairant de Stella Ghervas publié dans la revue « Regard sur l’Est » ("Regards de l’Est sur l’Union européenne : du rêve de l’union parfaite à la vie en commun").

Mais les communiqués ne livrent sans doute pas tous les tenants et aboutissants des discussions en marge, peut-être plus prometteuses. Espérons-le, car la République de Moldavie mérite une attention particulière, sachant combien la langue et la culture française font l’objet d’une adhésion largement partagée parmi les Moldaves, y compris les jeunes, comme en témoigne leurs contributions fidèles sur notre site.